Résolution finale EUCOCO

La 42ème EUCOCO, conférence européenne de soutien au peuple sahraoui, s’est tenue les 21 et 22 octobre 2017, à Vitry sur Seine, et a rassemblé plus de 320 personnes venant d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine.

En présence du peuple du Sahara occidental, dans ses multiples composantes, tous citoyens de la RASD, qu’ils soient en exil dans les camps de refugiés à Tindouf, dans les zones libérées, sous occupation ou dans la diaspora.

Présence sahraouie porteuse d’un message de confiance au nouveau Secrétaire général des Nations unies, Monsieur António Guterres, et à son envoyé personnel, Monsieur Horst Köhler qui vient d’achever une première visite dans la région. Confiance mais surtout attachement indéfectible à l’application du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.

La conférence a d’abord fait un point de situation :

Au niveau politique :

• Elle salue le déplacement de Monsieur Köhler dans la région et encourage vivement ce dernier à accélérer le processus pour la reprise de négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario.

• Elle se réjouit de l’affirmation, par l’Union Africaine, du statut de membre-fondateur de la RASD au sein de l’Union, et de son engagement à déjouer les manœuvres marocaines pour écarter l’État sahraoui des principales conférences de partenariat.

Sur la question des ressources naturelles :

• Elle dénonce les tentatives de contournement de l’Arrêt de la CJUE de décembre 2016 engagées par le Conseil et la Commission de l’UE. Tentatives visant la poursuite du pillage des ressources du territoire du Sahara occidental en violation du droit international et du droit européen.

Sur la question du respect des droits de l’homme :

• Elle s’alarme de la permanence de l’atteinte aux droits de l’homme au Sahara occupé, des effets d’une justice politique à charge qui condamne à de lourdes peines les militants pour l’auto-détermination et renouvelle son exigence de doter la Minurso de mécanismes de contrôle et de protection des droits de l’homme au Sahara occidental.

• Enfin, elle salue les efforts engagés depuis 40 ans par l’État sahraoui pour se doter d’institutions au bénéfice de toute une population réfugiée, efforts qui ont débouché sur une société démocratique qui laisse toute leur place aux femmes et a créé une réelle citoyenneté sahraouie.

Le travail en ateliers a permis aux congressistes de définir une feuille de route pour l’année à venir, ainsi que des mécanismes de suivi.

Dans l’atelier politique :

Face à l’incohérence de la Communauté internationale qui considère le Maroc comme un interlocuteur «acceptable » alors qu’il s’agit d’un occupant, l’atelier propose de coordonner les actions politiques et communicationnelles en direction de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, et de constamment rappeler à nos interlocuteurs politiques, à quelque niveau que ce soit, que le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui demeure la centralité des résolutions onusiennes.

L’atelier reconnait que l’Union africaine constitue, dans ce contexte, un exemple à suivre.

Par ailleurs, l’atelier s’est interrogé sur la manière de transposer les actuels succès juridiques (tel l’arrêt de la Cour de Justice de l’Union européenne) dans le champ politique. Il a constaté de nouvelles opportunités de plaidoyer avec le nouveau Secrétaire général et son Envoyé personnel, et a décidé d’agir en ce sens vers l’Union européenne. La Task force est en charge de piloter ces actions. En outre, en collaboration avec l’Intergroupe parlementaire européen, des membres de l’atelier se sont engagés à lancer une série d’actions visant à renforcer la stratégie de plaidoyer à l’égard de la Commission et du Conseil européen ainsi qu’à l’égard du Secrétaire Général des Nations Unies et du Conseil de Sécurité. Cela passera inévitablement par une meilleure coordination entre les acteurs de la solidarité et l’émergence de nouveaux partenariats afin de favoriser un maximum la collaboration entre les différents groupes de suivi.

Dans l’atelier des ressources naturelles :

L’atelier a pris acte de l’importance historique de l’arrêt de la CJUE du 21 décembre 2016, et propose plusieurs actions afin que cet arrêt soit appliqué. Un comité de suivi spécialisé́ sur le thème des ressources naturelles sera créé́ et coordonné par la Task Force, en liaison avec Western Sahara Campaign et le mouvement de solidarité́ en France, en Espagne et en Italie. Ce premier collectif prendra tous les contacts nécessaires avec les autres associations concernées.

Dans l’atelier des droits de l’homme :

L’atelier a souligné l’urgence de l’élargissement du mandat de la MINURSO à la protection des droits de l’homme au Sahara occidental. Il rappelle aussi que la population sahraouie est protégée par la IVe Convention de Genève et dénonce les violations graves, continues et persistantes du Droit International Humanitaire qui y sont perpétrées par le Royaume du Maroc, puissance occupante ; il rappelle encore que les États Parties à la IVe Convention, telle la France, sont dans l’obligation d’exiger du Royaume, également Partie à ces Conventions, qu’il respecte ses engagements. L’atelier compte diriger ses actions vers le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, les Comités et sous-comités spécialisés, et considère l’action des 14 États du « Groupe de soutien de Genève pour le Sahara occidental » comme un modèle à reprendre dans d’autres pays. Il souligne également l’importance de l’Organisation africaine des droits de l’homme et des peuples. Il entend prendre très vite des initiatives coordonnées au sein d’un comité de suivi piloté par les mouvements de solidarité́ de Suisse, de France, d’Espagne et par la CONASADH (COmmission Nationale SAhraouie des Droits de l’Homme).

Dans l’atelier de la construction de l’État sahraoui :

Après avoir rendu hommage aux efforts de la RASD pour développer ses institutions, l’atelier a repris les thèmes qui structurent l’appui humanitaire et l’appui au développement des camps de réfugiés. Cet atelier souhaite accompagner les efforts faits et les transformations actuelles dans les campements et les zones libérées, liés en particulier à l’émergence d’une population jeune, éduquée et engagée. Un consortium a été́ envisagé et sera précisé avec les autorités compétentes de la RASD.

À la veille de la conférence, plusieurs initiatives ont été́ organisées. Notamment, le 20 octobre 2017 à l’Assemblée nationale, Monsieur Jean-Paul Lecoq, député́, membre de la Commission des affaires étrangères, a organisé une rencontre où députés et sénateurs présents ont débattu de l’actualité́ du Sahara occidental et ont envisagé la création d’un réseau international de parlementaires solidaires avec le peuple sahraoui. Le même jour se tenait à la Sorbonne un colloque universitaire portant sur la question des droits de l’homme, organisé par l’Observatoire universitaire international sur le Sahara occidental (OUISO). Il réunissait universitaires, spécialistes, activistes et associations des droits de l’homme du Sahara occidental occupé comme des campements de réfugiés sahraouis.

La Conférence rend hommage à la résistance du peuple sahraoui, salue son Président Brahim Ghali, et se félicite de l’engagement sans failles de l’Algérie.

La prochaine Conférence EUCOCO aura lieu en novembre 2018, à Madrid en Espagne.